> Je viens de naître. Mes yeux s'ouvrent, cette lumière me fait mal, m'éblouis, m'empêche de découvrir "le monde". Je pleurs, est-ce moi ? Je suis pourtant heureux, j'ai chaud, je sens une main me parcourir le corps tendrement. Maman ? Papa ? Je pleurs encore, pourquoi ? C'est comme si une force outre m'empêchait de sourire et de faire de cet instant un cliché de bonheur. <
° Tel un message, sans doute la dureté de la vie commence ici. Une naissance comme un appel, comme une mise en bouche pour nous apprendre à pleurer.. Triste. Tel est finalement la première chose que l'on apprend en venant au monde. Pleurer, apprendre à sécher ces larmes.. apprendre à souffrir ! Faire comprendre que l'on ne souhaite inconsciemment ne pas connaître ce monde et ces paysages de misère.. inconsciemment sans doute. °
> Tout en douceur je m'endors encore une fois, comme si on m'initiait sans vraiment me faire peur, lentement à la véritable vie.. au véritable sens de la vie. Je sens pourtant cette flamme qui brûle en moi, cette envie d'ouvrir les yeux, de croquer la vie à pleine dent, de voir mes parents, de les voir finalement sourire.. simple manière d'oublier les problèmes futur. <
° Tel un tableau, la naissance n'est que multitude de retouche.. un monde se dessine, se crayonne devant nous, sa meilleure facette orientée de façon à ne pas voir le reste. °
> Je rêve, je divague, m'imaginant des choses que je n'ai pas encore découvert.. est-ce vraiment ça le monde, la vie ? Des couleurs si vives traversent, s'arrêtent, m'accompagnent.. je pousse un cri ! A cet instant, suis-je le centre du monde ? J'ai l'impression qu'on me regarde, qui a-t-il ? Comme si une alerte venait de sonner, les yeux se fixent sur moi. Comme si des questions fusaient, des interrogations s'ajoutent.. je sens que quelque chose se passe, mais quoi ? J'imagine ces présences, en fait je les vois, mais je ne peux leur parler ! pourquoi ? Me cachent-ils quelque chose ? Quoi ? Je ne vois que des sourires, des gens heureux et une impression de bien être. <
° Le monde ce modèle autour de lui, tel une pièce de théâtre, quelques acteurs jouent parfaitement leur rôle, rodés comme des horloges, ils jouent. Tout semble si vrai, un scénario de grand maître, sans doute le fruit d'un des meilleurs réalisateurs.. Aucune caméra, aucun public, le temps s'écoule et aucune pause, laissant qu'une facette à voir, qu'une direction à prendre, qu'une pensée à avoir. Pas de maquillage, tout semble si naturel.. Le miroir n'est pourtant que mensonge, qu'une simple histoire scénarisée depuis bien longtemps, jouer les yeux fermés par les mêmes personnages. °
> Ou suis-je ? J'ouvre les yeux, difficilement je distingue quelques formes, j'entends soudain une voix.. tellement douce, tellement familière. On me glisse devant les yeux un visage.. je le découvre, me le dessine avec précision.. bizarrement je le connais.. Maman ! Je balaye rapidement, follement les formes autour de moi.. je bouge, je cris et je pleurs encore ! Pourquoi ? Aidez-moi, expliquez-moi... j'attends.. j'attends encore mais, personne ne répond ! L'impression me vient.. suis-je entendu ? On me regarde si tendrement mais, que dois-je comprendre dans ce charabia. Tel des bouteilles à la mer.. je les interroge, je m'interroge. <
° La lumière vient de l'atteindre.. la chaleur vient de le toucher.. souriant tout semble si facile. Bêtement, naïvement, le mensonge se gobe. L'insouciance d'une âme si faible fasse à la terrible imagination de certains humains. On nous trace un chemin pour s'apercevoir plus tard que les pièges n'ont été que simplement oubliés.. le temps n'oublie finalement rien, il se rappel, nous rattrape. Il revient un jour sans nous avertir, nous connaissant mieux que quiconque, nous vieillissant au gré de son rythme. Au son d'une mélodie trop souvent imparfaite, on navigue.. on ère au travers de ces tableaux, de ces fresques aux multiples illusions. Comme un drap pour cacher l'horreur, on nous cache les erreurs humaines. Cette appréhension de briser une jeunesse, un être, une âme... que dire ? Rien qu'un simple espoir donné.. au final volé, histoire de donner une espérance sans conviction. On sourit merveilleusement, lui créant un paysage comme il se l'imagine. On est heureux, il l'est, il respire, on l'inspire. Finalement on le guide, on l'assiste, on lui ment sans le vouloir, lui donnant se confort qu'on se prive comme pour lui faire découvrir ce qu'il n'aura pas plus tard. On lui fabrique un ciel étoilé au bail sans futur, sans lendemain.. qu'il cédera à un destin. Le quittant lâchement quand il découvrira un beau matin la supercherie qu'on venait de lui jouer. °
° Un homme sans repère naîtra.. loin de ce qu'il avait connu. Cherchant désespérément le moindre sourire, la moindre forme familière. Il a froid, le centre du monde semble bien loin et ces multiples cris n'éveillent plus que lui. Le futur n'est que surprise alors pourquoi s'avancer.. simple inspiration pour certains ou simple vision pessimiste pour d'autres. °
By Me.